"Recommande ton sort à l'Éternel, mets en Lui ta confiance, et Il agira"
Psaumes 37:5 



Bulletin du mois
Méditation

Pâris ayant enlevé Hélène de Troie, le corps expéditionnaire grec s'embarqua pour tenter de la retrouver, mais des vents con­traires immobilisèrent leur flotte. Le général grec Agamemnon envoya alors chercher sa fille et l'offrit solennellement en sacrifice pour se concilier les dieux évidemment hostiles. Cette opération s'avéra payante, car les vents d'ouest se remirent à souffler et la flotte grecque put atteindre Troie sans autres difficultés.
Cet épisode légendaire de la guerre de Troie, qui remonte envi­ron à l'an 1000 av. J.-C, témoigne d'une conception de la propitiation que l'on retrouve, à toutes les époques, à la base de toutes les religions païennes du monde. Cette conception est la suivante : il existe plusieurs dieux, tous différents ; aucun d'entre eux ne domine de façon absolue sur les autres, mais chacun peut, dans une certaine mesure, faciliter ou compliquer la vie des hommes. Tous ces dieux sont d'humeur très changeante ; ils se fâchent pour un rien, se montrent jaloux des attentions que les hommes accor­dent aux autres dieux et se vengent en manipulant les circonstan­ces au détriment de ceux à qui ils en veulent. La seule façon de se sortir de ce mauvais pas est alors de leur faire une offrande pour les apaiser et se les concilier. En général, plus l'offrande est impor­tante, mieux cela vaut, car les dieux ont tendance à ne se laisser fléchir que par des offrandes substantielles. Ce en quoi d'ailleurs ces dieux se montrent cruels et impitoyables, mais que faire, puisqu'ils sont les plus forts? L'homme avisé s'incline devant l'inéluctable et s'efforce d'offrir quelque chose de suffisamment important pour obtenir le résultat désiré. Le sacrifice humain, quoique coûteux, est tout particulièrement efficace. La religion païenne s'apparente donc à un âpre mercantilisme, où chacun tente de manœuvrer et de manipuler ses dieux par d'habiles mani­gances. Dans le cadre de cette conception païenne de la propitiation, les actions visant à apaiser les colères célestes s'inscrivent dans le cours normal de la vie : elles font partie de ces nombreuses nécessités, désagréables certes, mais impossibles à éviter.
La Bible, elle, nous emmène bien loin du monde des religions païennes. D'emblée, la Bible condamne le paganisme, mons­trueuse déformation de la vérité. A la place d'une clique de dieux, trop visiblement faits à l'image de l'homme, et dont le comporte­ment rappelle celui des stars hollywoodiennes, la Bible nous pro­pose le Créateur, unique et tout-puissant, le seul vrai Dieu, la source de toute bonté et de toute vérité, aux yeux de qui le mal est une abomination. Ce Dieu ne connaît ni sautes d'humeur, ni caprices, ni vanité, ni rancune... L'on pourrait donc s'attendre à ce qu'il n'y ait pas de place dans la religion de la Bible pour la propitiation. Tel n'est pourtant pas le cas; bien au contraire. La notion de propitiation, c'est-à-dire d'offrande faite à Dieu pour détourner sa colère, est présente tout au long de la Bible.
Dans l'Ancien Testament, c'est elle qui explique les rituels prescrits pour les sacrifices offerts pour le péché, pour les sacrifices de culpabilité et pour la fête des expiations (Lv 4-7 ; 16). On la sent également très présente dans des récits tels que celui du livre des Nombres (17.6-15), lorsque Dieu menace de détruire le peuple en lui faisant subir le châtiment qui avait déjà frappé Koré, Dathan et Abiram. « Moïse dit à Aaron : Prends le brasier, mets-y du feu de dessus l'autel, poses-y du parfum, va promptement vers l'assemblée et fais pour eux l'expiation; car la colère de l'Eternel a éclaté, la plaie a commencé. Aaron... fit l'expiation pour le peuple... La plaie était arrêtée» (Nb 17.11-15).
Dans le Nouveau Testament, la notion de propitiation apparaît dans quatre passages qui sont d'une importance telle que Ro 3 :21-26 ; Heb 2 :17 ; 1Jn 2 :1-2 (certaines traductions a tort ont remplacé propitiation par expiation)
Comment comprendre cette colère divine qui a été apaisée au Calvaire? Elle n'a rien à voir avec les colères capricieuses arbitrai­res, hargneuses et orgueilleuses que les païens attribuent d'ordi­naire à leurs dieux. Elle n'a rien à voir non plus avec les colères coupables, vindicatives, mauvaises et infantiles qui sont propres aux hommes. La colère de Dieu est un aspect de sa sainteté telle qu'elle s'exprime dans les exigences de sa loi morale : « Vous serez saints, car je suis saint » (1 P 1.16), et de sa justice telle qu'elle s'exprime dans ses actes de justice et de rétribution : « Nous connaissons celui qui a dit : A moi la vengeance, à moi la rétribution » (Hé 10.30). La colère de Dieu est « la sainte réaction de tout son être face à ce qui est contraire à sa sainteté », Elle débouche sur « une issue positive du courroux divin » (John Murray, op. cit.). C'est une juste colère - la juste réaction de la perfection morale du Créateur face à la perversité morale de la créature. C'est pourquoi, lorsque Dieu manifeste sa colère en punissant le péché, il n'y a rien là de moralement douteux. Ce qui le serait par contre serait son absence de réaction. Dieu ne serait pas juste - c'est-à-dire qu'il n'agirait pas avec droiture, comme il convient à un juge - s'il n'infligeait pas au péché et à l'injustice le châtiment qu'ils méritent.
Nous pourrions résumer ce que nous venons de dire de la manière suivante : l'Évangile nous enseigne que notre Créateur est devenu notre Rédempteur, que le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous, hommes, et pour notre salut, et qu'il est mort sur la croix pour nous sauver de la perdition éternelle. La Bible nous présente la mort salvatrice de Christ comme étant fonda­mentalement un acte propitiatoire, c'est-à-dire un acte qui apaise la colère de Dieu en effaçant nos péchés. La colère de Dieu est la manifestation de sa justice réagissant contre le péché et cette jus­tice se traduit par une action rétributive. Mais Jésus-Christ nous a épargné la perspective horrible d'une justice rétributive en pre­nant notre place - obéissant en cela à la volonté de son Père - et en recevant à notre place le salaire de notre péché. La justice s'est trouvé ainsi satisfaite, car les péchés de tous ceux qui seront pardonnés ont été jugés et punis en la personne de Dieu le Fils, et c'est sur cette base que le pardon nous est désormais offert, à nous qui avons offensé Dieu. L'amour rédempteur et la justice rétributive se sont, pour ainsi dire, rencontrés au Calvaire, car c'est là que Dieu s'est montré « juste, tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus ». Comprenez-vous cela? Si oui, vous êtes en train de plonger vos regards au cœur même de l'Evangile de Christ. Celui-ci pro­clame que le problème fondamental de l'homme vis-à-vis de Dieu est celui de son péché ; il nous parle de la colère de Dieu et déclare que Dieu a pourvu lui-même pour l'homme un sacrifice propitiatoire, grâce auquel la paix a pu naître de la colère.

Extrait du livre 'Connaître Dieu' de James Paker








 

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